Et soudain Laura Pausini est
apparue dans le stade milanais de San Siro, belle comme une Italienne,
puissante par la voix et l’envoûtante présence, symbole de son pays, dont elle
interpréta magistralement l'hymne national comme sans doute jamais
personne ne le fit, avant qu'un choeur de femmes ne prît le relais pour achever
l'Inno di Mameli au coeur du village alpin de Cortina d’Ampezzo. Pendant
ce temps-là, les Corazzieri, cuirassiers italiens, hissèrent le Tricolore
avec une solennelle lenteur.
Le temps s'est alors arrêté, le cours tumultueux d’un monde en capilotade aussi. On se mit à frissonner, à avoir la larme au coin de l’œil et à espérer. Canova fut ressuscité en même temps que son œuvre séraphique prenait vie sous nos yeux ; des colonnes de mannequins mirent la mode à l’honneur dans la ville qui est un de ses berceaux et rendirent par la même occasion hommage à Giorgio Armani, récemment décédé ; Mariah Carey nous fit voler avec sa reprise de Nel blu dipinto di blu de Domenico Modugno ; le ténor Andrea Bocelli interpréta superbement Nessun Dorma, comme le fit Luciano Pavarotti il y a vingt ans lors des Jeux de Turin. L’Harmonie était le thème majeur de la cérémonie, loin du chaos, du désordre, du wokisme.