vendredi 17 janvier 2020

Au nom de nos églises


Nos églises se vident et se meurent sous le regard indifférent des foules plongées dans le fracas de la vie sans plus prendre le temps de la contemplation et du recueillement. Elles sont en péril et pourtant si essentielles au cœur de nos paysages qu’elles couvrent de leur manteau rappelant le cheminement commun des siècles. L’urgence est aujourd’hui de sauver ces joyaux historiques et de leur redonner lustre et grandeur.

Je ne suis pourtant pas croyant.

lundi 1 juillet 2019

Le Tour de France et notre imaginaire collectif


Cinquante ans après la première des cinq victoires du « roi Eddy » sur le Tour de France, la Grande Boucle s’élancera ce week-end de Bruxelles qui lui a toujours fait les honneurs d’une ferveur incandescente et rarement démentie : c’est que l’épreuve évoque, pour chacun d’entre nous, de 7 à 77 ans – pour reprendre l’antienne d’une revue bruxelloise -, un lot de souvenirs dont le récit a fini par se fondre dans un imaginaire collectif dont la société individualiste manque tant.

Le Tour de France ne serait rien sans les souvenirs et les anecdotes contés par nos aînés : la première victoire d'Eddy Merckx quelques heures avant que Neil Armstrong ne posât un premier pas sur la lune - en Belgique, nous ne savons d’ailleurs toujours pas lequel des deux événements fut le plus important à l’échelle de l'humanité... ceci dit, avec un peu de "zwanze", cet humour typiquement bruxellois, le triomphe du Cannibale fut probablement un pas autrement plus significatif -, la rivalité picrocholine entre Gino Bartali, représentant de l'Italie rurale et catholique, et Fausto Coppi, adulé par la Botte industrieuse et socialiste, la fin tragique de Tom Simpson sur les pentes du Ventoux, les commentaires du vibrionnant Luc Varenne, l'insolence de Jacques Anquetil et l'éternelle seconde place d'un Raymond Poulidor à jamais maillot jaune des coeurs.

samedi 6 avril 2019

De l'urgence de renouer avec la culture générale

Afin de tout savoir - quelle belle ambition ! quel fol orgueil ! -, Pic de la Mirandole, épris de textes classiques autant qu’exalté par la moindre découverte scientifique, cheminait de ville en ville, au cœur de notre civilisation, afin d’assouvir son immarcescible soif de connaissances : l’humaniste vibrait ainsi pour une réplique d’Eschyle, cheminait avec Alexandre Le Grand, parcourait le monde avec Ptolémée. Avec l’omniscience comme viatique et un caractère affable, le bourlingueur éclairait de ses lumières tant Charles VIII que Laurent de Médicis.

Plus modestement, et avec des résultats forcément moins fringants, j’ai, depuis longtemps, tenté de faire mien l’ambitieux crédo de Pic de la Mirandole, en me confrontant aux différentes disciplines du savoir : j’aime ainsi guerroyer avec Achille et voyager avec Ulysse, me mettre dans la peau de l’empereur en contrebas des pyramides, voguer avec Baudelaire ou Aragon dont un seul ver vaut toute la littérature contemporaine, connaître le corps humain pour mieux en maîtriser les réactions. Il n’existe, malheureusement plus de roi, ni de prince à instruire.  

samedi 2 mars 2019

Renouer avec une écologie de droite

L’écologie et les partis qui s’en revendiquent officiellement ont le vent en poupe : tandis que les marches se multiplient, portant en tête de cortège une jeunesse délaissant les bancs de l’école, et que les formations vertes pourraient devenir la famille politique la plus importante du pays -bonjour les taxes et l’écologie punitive-, il est temps pour les partis de droite de renouer avec l’écologie qui est au cœur même de leur identité. 

L’imaginaire collectif est tapissé de villages et de clochers dont l’alignement est entrecoupé de champs et de plaines. Dans cet univers mental, le rapport à la nature est charnel plus qu’idéologique, contemplatif et non utilitaire, mélancolique bien davantage que prospectif, autant d’éléments indiquant que l’écologie est intrinsèquement de droite. Or, de façon antithétique et sans résistance des formations traditionnalistes – à ne pas confondre avec les formations traditionnelles qui se revendiquent toutes du progressisme –, la gauche s’est accaparée un monopole dans la protection de l’environnement, avec pour dramatique conséquence de voir la pensée écologiste embourbée dans des délires économico-sociétaux.

mercredi 19 septembre 2018

Rompre avec le populisme pour renouer avec l'excellence

Je me souviens avoir répété à l’envi, lors de métingues jalonnant mon temps en politique, que si être populiste signifiait se pencher sur les problèmes des gens –des vraies gens, insistai-je alors -, anticiper les défis que rencontreraient les générations futures, ou, plus simplement, être proche du peuple – quoi que j’ai toujours considéré que ce concept fût trop abstrait -, assumer le terme relevait de l’essence de l’engagement au cœur d’une démocratie représentative.
Historiquement, le populisme tire ses racines dans certains nobles combats, notamment ceux menés par les agriculteurs et ouvriers américains contre les tarifs prohibitifs qu’ils se voyaient appliquer, par la Russie rurale en résistance contre l’empereur ou par le péronisme argentin. Ce qui ne gâche rien pour tout amoureux de belles lettres, il doit également sa noblesse au courant littéraire populiste – il existe encore un prix du roman populiste, décerné chaque année, au palmarès duquel figurent entre autres Jules Romain, Henri Troyat et Denis Tillinac.

jeudi 14 décembre 2017

Le sage et le guerrier du crépuscule à l'aurore

Petite réflexion philosophique rédigée entre Rome et Paris,
au cœur de notre civilisation,
où les hommes ont été capables de génie
et que menace désormais la destruction

Lorsque le ciel s’assombrit, non pour laisser place à l’envol de la chouette de Minerve au crépuscule – selon la belle formule de Friedrich Hegel –, mais par la percée de nuages qui s’amoncellent pour recouvrir la civilisation d’un manteau menaçant, la question philosophique de l’être au monde – ou de l’être face au monde – devrait naturellement se poser.

vendredi 4 août 2017

De droite


Les analystes de la chose politique et les politiciens eux-mêmes commettent souvent l’une des deux erreurs suivantes : penser et agir, d’une part, comme si les clivages traditionnels avaient été balayés ; affirmer, de l’autre, qu’ils subsistent tels qu’appréhendés depuis plusieurs décennies. 

De la même manière que la révolution nationale entre le XVIe et le XIXe siècle avait enfanté des intérêts divergents entre l’Eglise et l’Etat d’une part et entre le centre et la périphérie de l’autre, tout comme la révolution industrielle avait divisé la société entre les possédants et les travailleurs ainsi qu’entre l’industrie et l’agriculture, la révolution mondiale à l’œuvre clive désormais la société entre gagnants et perdants de la mondialisation. L’évidence est telle qu’elle pourrait signifier la fin des notions de gauche et de droite ou une refonte de leurs acceptions.

Ce serait oublier qu’il subsiste une façon presque intemporelle d’être de droite ou de gauche qui renvoient à des références culturelles, des filiations historiques et une manière de vivre qui forgent les caractères. L’homme de droite respecte la verticalité et hiérarchise ; celui de gauche préfère l’horizontalité et égalise ; le premier s’appuie sur le passé pour construire l’avenir ; le second le balaie au nom du progressisme ; le droitiste chérit la liberté d’entreprendre ; le second préfère la planification ; le premier aime sa culture qu’il estime supérieure, le second entend la fondre dans un creuset multiculturel ; le premier aime l’ordre, le second choie le chaos. Tout homme qui se prétend d’une catégorie sans obéir à ses marqueurs culturels appartient, parfois sans en être conscient, au camp d’en face.