lundi 1 juillet 2019

Le Tour de France et notre imaginaire collectif


Cinquante ans après la première des cinq victoires du « roi Eddy » sur le Tour de France, la Grande Boucle s’élancera ce week-end de Bruxelles qui lui a toujours fait les honneurs d’une ferveur incandescente et rarement démentie : c’est que l’épreuve évoque, pour chacun d’entre nous, de 7 à 77 ans – pour reprendre l’antienne d’une revue bruxelloise -, un lot de souvenirs dont le récit a fini par se fondre dans un imaginaire collectif dont la société individualiste manque tant.

Le Tour de France ne serait rien sans les souvenirs et les anecdotes contés par nos aînés : la première victoire d'Eddy Merckx quelques heures avant que Neil Armstrong ne posât un premier pas sur la lune - en Belgique, nous ne savons d’ailleurs toujours pas lequel des deux événements fut le plus important à l’échelle de l'humanité... ceci dit, avec un peu de "zwanze", cet humour typiquement bruxellois, le triomphe du Cannibale fut probablement un pas autrement plus significatif -, la rivalité picrocholine entre Gino Bartali, représentant de l'Italie rurale et catholique, et Fausto Coppi, adulé par la Botte industrieuse et socialiste, la fin tragique de Tom Simpson sur les pentes du Ventoux, les commentaires du vibrionnant Luc Varenne, l'insolence de Jacques Anquetil et l'éternelle seconde place d'un Raymond Poulidor à jamais maillot jaune des coeurs.

samedi 6 avril 2019

De l'urgence de renouer avec la culture générale

Afin de tout savoir - quelle belle ambition ! quel fol orgueil ! -, Pic de la Mirandole, épris de textes classiques autant qu’exalté par la moindre découverte scientifique, cheminait de ville en ville, au cœur de notre civilisation, afin d’assouvir son immarcescible soif de connaissances : l’humaniste vibrait ainsi pour une réplique d’Eschyle, cheminait avec Alexandre Le Grand, parcourait le monde avec Ptolémée. Avec l’omniscience comme viatique et un caractère affable, le bourlingueur éclairait de ses lumières tant Charles VIII que Laurent de Médicis.

Plus modestement, et avec des résultats forcément moins fringants, j’ai, depuis longtemps, tenté de faire mien l’ambitieux crédo de Pic de la Mirandole, en me confrontant aux différentes disciplines du savoir : j’aime ainsi guerroyer avec Achille et voyager avec Ulysse, me mettre dans la peau de l’empereur en contrebas des pyramides, voguer avec Baudelaire ou Aragon dont un seul ver vaut toute la littérature contemporaine, connaître le corps humain pour mieux en maîtriser les réactions. Il n’existe, malheureusement plus de roi, ni de prince à instruire.  

samedi 2 mars 2019

Renouer avec une écologie de droite

L’écologie et les partis qui s’en revendiquent officiellement ont le vent en poupe : tandis que les marches se multiplient, portant en tête de cortège une jeunesse délaissant les bancs de l’école, et que les formations vertes pourraient devenir la famille politique la plus importante du pays -bonjour les taxes et l’écologie punitive-, il est temps pour les partis de droite de renouer avec l’écologie qui est au cœur même de leur identité. 

L’imaginaire collectif est tapissé de villages et de clochers dont l’alignement est entrecoupé de champs et de plaines. Dans cet univers mental, le rapport à la nature est charnel plus qu’idéologique, contemplatif et non utilitaire, mélancolique bien davantage que prospectif, autant d’éléments indiquant que l’écologie est intrinsèquement de droite. Or, de façon antithétique et sans résistance des formations traditionnalistes – à ne pas confondre avec les formations traditionnelles qui se revendiquent toutes du progressisme –, la gauche s’est accaparée un monopole dans la protection de l’environnement, avec pour dramatique conséquence de voir la pensée écologiste embourbée dans des délires économico-sociétaux.