mercredi 19 septembre 2018

Rompre avec le populisme pour renouer avec l'excellence

Je me souviens avoir répété à l’envi, lors de métingues jalonnant mon temps en politique, que si être populiste signifiait se pencher sur les problèmes des gens –des vraies gens, insistai-je alors -, anticiper les défis que rencontreraient les générations futures, ou, plus simplement, être proche du peuple – quoi que j’ai toujours considéré que ce concept fût trop abstrait -, assumer le terme relevait de l’essence de l’engagement au cœur d’une démocratie représentative.
Historiquement, le populisme tire ses racines dans certains nobles combats, notamment ceux menés par les agriculteurs et ouvriers américains contre les tarifs prohibitifs qu’ils se voyaient appliquer, par la Russie rurale en résistance contre l’empereur ou par le péronisme argentin. Ce qui ne gâche rien pour tout amoureux de belles lettres, il doit également sa noblesse au courant littéraire populiste – il existe encore un prix du roman populiste, décerné chaque année, au palmarès duquel figurent entre autres Jules Romain, Henri Troyat et Denis Tillinac.