samedi 6 avril 2019

De l'urgence de renouer avec la culture générale

Afin de tout savoir - quelle belle ambition ! quel fol orgueil ! -, Pic de la Mirandole, épris de textes classiques autant qu’exalté par la moindre découverte scientifique, cheminait de ville en ville, au cœur de notre civilisation, afin d’assouvir son immarcescible soif de connaissances : l’humaniste vibrait ainsi pour une réplique d’Eschyle, cheminait avec Alexandre Le Grand, parcourait le monde avec Ptolémée. Avec l’omniscience comme viatique et un caractère affable, le bourlingueur éclairait de ses lumières tant Charles VIII que Laurent de Médicis.

Plus modestement, et avec des résultats forcément moins fringants, j’ai, depuis longtemps, tenté de faire mien l’ambitieux crédo de Pic de la Mirandole, en me confrontant aux différentes disciplines du savoir : j’aime ainsi guerroyer avec Achille et voyager avec Ulysse, me mettre dans la peau de l’empereur en contrebas des pyramides, voguer avec Baudelaire ou Aragon dont un seul ver vaut toute la littérature contemporaine, connaître le corps humain pour mieux en maîtriser les réactions. Il n’existe, malheureusement plus de roi, ni de prince à instruire.  

samedi 2 mars 2019

Renouer avec une écologie de droite

L’écologie et les partis qui s’en revendiquent officiellement ont le vent en poupe : tandis que les marches se multiplient, portant en tête de cortège une jeunesse délaissant les bancs de l’école, et que les formations vertes pourraient devenir la famille politique la plus importante du pays -bonjour les taxes et l’écologie punitive-, il est temps pour les partis de droite de renouer avec l’écologie qui est au cœur même de leur identité. 

L’imaginaire collectif est tapissé de villages et de clochers dont l’alignement est entrecoupé de champs et de plaines. Dans cet univers mental, le rapport à la nature est charnel plus qu’idéologique, contemplatif et non utilitaire, mélancolique bien davantage que prospectif, autant d’éléments indiquant que l’écologie est intrinsèquement de droite. Or, de façon antithétique et sans résistance des formations traditionnalistes – à ne pas confondre avec les formations traditionnelles qui se revendiquent toutes du progressisme –, la gauche s’est accaparée un monopole dans la protection de l’environnement, avec pour dramatique conséquence de voir la pensée écologiste embourbée dans des délires économico-sociétaux.

mercredi 19 septembre 2018

Rompre avec le populisme pour renouer avec l'excellence

Je me souviens avoir répété à l’envi, lors de métingues jalonnant mon temps en politique, que si être populiste signifiait se pencher sur les problèmes des gens –des vraies gens, insistai-je alors -, anticiper les défis que rencontreraient les générations futures, ou, plus simplement, être proche du peuple – quoi que j’ai toujours considéré que ce concept fût trop abstrait -, assumer le terme relevait de l’essence de l’engagement au cœur d’une démocratie représentative.
Historiquement, le populisme tire ses racines dans certains nobles combats, notamment ceux menés par les agriculteurs et ouvriers américains contre les tarifs prohibitifs qu’ils se voyaient appliquer, par la Russie rurale en résistance contre l’empereur ou par le péronisme argentin. Ce qui ne gâche rien pour tout amoureux de belles lettres, il doit également sa noblesse au courant littéraire populiste – il existe encore un prix du roman populiste, décerné chaque année, au palmarès duquel figurent entre autres Jules Romain, Henri Troyat et Denis Tillinac.

jeudi 14 décembre 2017

Le sage et le guerrier du crépuscule à l'aurore

Petite réflexion philosophique rédigée entre Rome et Paris,
au cœur de notre civilisation,
où les hommes ont été capables de génie
et que menace désormais la destruction

Lorsque le ciel s’assombrit, non pour laisser place à l’envol de la chouette de Minerve au crépuscule – selon la belle formule de Friedrich Hegel –, mais par la percée de nuages qui s’amoncellent pour recouvrir la civilisation d’un manteau menaçant, la question philosophique de l’être au monde – ou de l’être face au monde – devrait naturellement se poser.

vendredi 4 août 2017

De droite


Les analystes de la chose politique et les politiciens eux-mêmes commettent souvent l’une des deux erreurs suivantes : penser et agir, d’une part, comme si les clivages traditionnels avaient été balayés ; affirmer, de l’autre, qu’ils subsistent tels qu’appréhendés depuis plusieurs décennies. 

De la même manière que la révolution nationale entre le XVIe et le XIXe siècle avait enfanté des intérêts divergents entre l’Eglise et l’Etat d’une part et entre le centre et la périphérie de l’autre, tout comme la révolution industrielle avait divisé la société entre les possédants et les travailleurs ainsi qu’entre l’industrie et l’agriculture, la révolution mondiale à l’œuvre clive désormais la société entre gagnants et perdants de la mondialisation. L’évidence est telle qu’elle pourrait signifier la fin des notions de gauche et de droite ou une refonte de leurs acceptions.

Ce serait oublier qu’il subsiste une façon presque intemporelle d’être de droite ou de gauche qui renvoient à des références culturelles, des filiations historiques et une manière de vivre qui forgent les caractères. L’homme de droite respecte la verticalité et hiérarchise ; celui de gauche préfère l’horizontalité et égalise ; le premier s’appuie sur le passé pour construire l’avenir ; le second le balaie au nom du progressisme ; le droitiste chérit la liberté d’entreprendre ; le second préfère la planification ; le premier aime sa culture qu’il estime supérieure, le second entend la fondre dans un creuset multiculturel ; le premier aime l’ordre, le second choie le chaos. Tout homme qui se prétend d’une catégorie sans obéir à ses marqueurs culturels appartient, parfois sans en être conscient, au camp d’en face.

mercredi 26 juillet 2017

Conseils de lecture pour l'été

Comme il m’est de temps en temps demandé des conseils de lecture, je vous livre, pour l’été, une sélection de dix romans qui m’ont particulièrement marqué pour des raisons diverses, mais qui ont en commun d’allier un style élevé (voire révolutionnaire) et une certaine vision du monde.   

1. Mémoires d’outre-tombe (François-René de Chateaubriand). « Je veux être Chateaubriand ou rien », écrivait Victor Hugo – que je cite pour me faire pardonner son absence de ce classement. On tient là forcément une preuve que le Malouin est peut-être le plus grand écrivain de langue française (et donc plus grand écrivain tout court) de l’histoire. Les Mémoires traversent soixante années d’histoire de France, dont Chateaubriand finit par devenir un acteur, et des paysages intemporels.

lundi 26 juin 2017

Des hommes pour un combat de civilisation

Au fil de mes pérégrinations sur les terres bruxelloises, wallonnes et européennes –je ne m’aventure jamais vraiment au-delà de ce monde connu-, il m’arrive souvent de penser que la lutte au nom d’une certaine idée de la civilisation et de l’homme, que je mène avec d’autres, est perdue.

On pourra citer, parmi les causes de la défaite programmée, des raisons aussi diverses que l’évolution démographique –comprenez le remplacement de population-, l’intérêt égoïste des élites ou encore le fatalisme, mais la réalité est plus cruelle : la déréliction actuelle découle de la morale de vaincu instillée dans toutes les strates de la société.

La défense de l’identité basée sur l’héritage des siècles n’est en effet plus menée, à la hussarde et pour le panache, que par quelques irréductibles, forcément trop peu nombreux, qui ne transigeront jamais sur l’essentiel. Les autres, que je prends pour des lâches, des soumis et/ou des traîtres, ont renoncé, se sont tapis dans l’apathie ou ont entrepris de collaborer avec les forces ennemies.