vendredi 26 février 2021

Renouer avec nos libertés pour en faire quelque chose de plus noble

Nous voilà donc, depuis bientôt un an, quasiment assignés à résidence, cette mise en boîte collective devant nous épargner une autre, plus définitive. Si nous avons accepté de bon gré le confinement initial, tout en maugréant contre l'absence incompréhensible de masques dans un pays développé, nous peinons à nous soumettre aux restrictions actuelles. Tandis que l'on est en droit d'espérer que l'après-covid nous permette de recouvrer nos libertés, toutes nos libertés, nous devons également nous interroger sur le sens à donner à celles-ci, en faisant appel à la philosophie, grande oubliée de l'époque que nous vivons, prompte à vivre selon l'avis monopolistique des "experts".

 

Avec la persistance de la crise sanitaire, deux camps se figent, assénant leurs vérités, sans entre-deux, selon une pensée binaire empêchant de comprendre les subtilités de la loi et de la règle, nous cantonnant dans leur application ou leur rejet stricts sans plus en comprendre l’esprit : il y a, d'un côté, les bons élèves qui docilement suivent les instructions gouvernementales et les recommandations des experts ; de l'autre, les rebelles qui se méfient de la parole publique. Le terrain de jeu, ou de guerre - puisque c'est en celle-ci que nous serions plongés selon les mots infantiles d’un président pour désigner quelque chose de viril -, s’étale le long des fils d’actualité de nos réseaux sociaux où il n'est plus guère de goût pour le débat et la nuance.

jeudi 30 avril 2020

Du soleil par ma fenêtre

A travers les vitres entretenues de mon modeste appartement, les lilas en fleurs me toisent de leurs couleurs vives à défaut de pouvoir m'enivrer de leurs parfums de printemps, la flèche surplombant le clocher de la petite église de quartier émerge des arbres dont la crinière verte s'agite à tous les vents, la route est désengorgée de sa noria habituelle de véhicules et les rideaux tirés du voisin couvrent son intérieur d'un voile pudique.

 

L'horizon de mon confinement ne laisse entrevoir aucune trace de cette guerre annoncée sur tous les tons. Aucun obus ne vient déchirer nos tympans et nos habitations ; le coronavirus ne porte pas d’armes et le covid-19, portant pourtant un nom de bombardier, ne lâche aucune bombe ; pas un soldat n’est venu frapper à nos portes afin d'emmener un proche ou vérifier que nous ne cachions quelqu’un ; il n’y a ni tranchées, ni boyaux, ni lignes de combat ; et il n'y aura guère de monuments aux morts sur les places de nos villages. Laisser accroire que nous serions empêtrés dans un conflit sanglant n'est qu'un effet de langage permettant à nos chefs de gouvernement de se hisser au rang de chefs de guerre et, nous, plus modestement, de jouer aux résistants de pacotille.

vendredi 17 janvier 2020

Au nom de nos églises


Nos églises se vident et se meurent sous le regard indifférent des foules plongées dans le fracas de la vie sans plus prendre le temps de la contemplation et du recueillement. Elles sont en péril et pourtant si essentielles au cœur de nos paysages qu’elles couvrent de leur manteau rappelant le cheminement commun des siècles. L’urgence est aujourd’hui de sauver ces joyaux historiques et de leur redonner lustre et grandeur.

Je ne suis pourtant pas croyant.

lundi 1 juillet 2019

Le Tour de France et notre imaginaire collectif


Cinquante ans après la première des cinq victoires du « roi Eddy » sur le Tour de France, la Grande Boucle s’élancera ce week-end de Bruxelles qui lui a toujours fait les honneurs d’une ferveur incandescente et rarement démentie : c’est que l’épreuve évoque, pour chacun d’entre nous, de 7 à 77 ans – pour reprendre l’antienne d’une revue bruxelloise -, un lot de souvenirs dont le récit a fini par se fondre dans un imaginaire collectif dont la société individualiste manque tant.

Le Tour de France ne serait rien sans les souvenirs et les anecdotes contés par nos aînés : la première victoire d'Eddy Merckx quelques heures avant que Neil Armstrong ne posât un premier pas sur la lune - en Belgique, nous ne savons d’ailleurs toujours pas lequel des deux événements fut le plus important à l’échelle de l'humanité... ceci dit, avec un peu de "zwanze", cet humour typiquement bruxellois, le triomphe du Cannibale fut probablement un pas autrement plus significatif -, la rivalité picrocholine entre Gino Bartali, représentant de l'Italie rurale et catholique, et Fausto Coppi, adulé par la Botte industrieuse et socialiste, la fin tragique de Tom Simpson sur les pentes du Ventoux, les commentaires du vibrionnant Luc Varenne, l'insolence de Jacques Anquetil et l'éternelle seconde place d'un Raymond Poulidor à jamais maillot jaune des coeurs.

samedi 6 avril 2019

De l'urgence de renouer avec la culture générale

Afin de tout savoir - quelle belle ambition ! quel fol orgueil ! -, Pic de la Mirandole, épris de textes classiques autant qu’exalté par la moindre découverte scientifique, cheminait de ville en ville, au cœur de notre civilisation, afin d’assouvir son immarcescible soif de connaissances : l’humaniste vibrait ainsi pour une réplique d’Eschyle, cheminait avec Alexandre Le Grand, parcourait le monde avec Ptolémée. Avec l’omniscience comme viatique et un caractère affable, le bourlingueur éclairait de ses lumières tant Charles VIII que Laurent de Médicis.

Plus modestement, et avec des résultats forcément moins fringants, j’ai, depuis longtemps, tenté de faire mien l’ambitieux crédo de Pic de la Mirandole, en me confrontant aux différentes disciplines du savoir : j’aime ainsi guerroyer avec Achille et voyager avec Ulysse, me mettre dans la peau de l’empereur en contrebas des pyramides, voguer avec Baudelaire ou Aragon dont un seul ver vaut toute la littérature contemporaine, connaître le corps humain pour mieux en maîtriser les réactions. Il n’existe, malheureusement plus de roi, ni de prince à instruire.  

samedi 2 mars 2019

Renouer avec une écologie de droite

L’écologie et les partis qui s’en revendiquent officiellement ont le vent en poupe : tandis que les marches se multiplient, portant en tête de cortège une jeunesse délaissant les bancs de l’école, et que les formations vertes pourraient devenir la famille politique la plus importante du pays -bonjour les taxes et l’écologie punitive-, il est temps pour les partis de droite de renouer avec l’écologie qui est au cœur même de leur identité. 

L’imaginaire collectif est tapissé de villages et de clochers dont l’alignement est entrecoupé de champs et de plaines. Dans cet univers mental, le rapport à la nature est charnel plus qu’idéologique, contemplatif et non utilitaire, mélancolique bien davantage que prospectif, autant d’éléments indiquant que l’écologie est intrinsèquement de droite. Or, de façon antithétique et sans résistance des formations traditionnalistes – à ne pas confondre avec les formations traditionnelles qui se revendiquent toutes du progressisme –, la gauche s’est accaparée un monopole dans la protection de l’environnement, avec pour dramatique conséquence de voir la pensée écologiste embourbée dans des délires économico-sociétaux.

samedi 2 février 2019

Le véganisme, ce nouvel intégrisme

Le véganisme ne susciterait guère de débat et ferait office de simple bizarrerie contemporaine s'il se cantonnait à un écheveau de pratiques alimentaires, culturelles et cosmétiques ayant pour dénominateur commun le refus, pour soi-même, de consommer tout produit d'origine animale. Or, en imposant - ou en tentant d'imposer- leur mode de vie à l'ensemble de la société, les activistes vegans sont aujourd'hui assimilables aux fondamentalistes religieux refusant la laïcité et le cantonnement de leurs pratiques dans la sphère privée. Pis, en utilisant l'intimidation et la violence, ils rangent leurs actions dans la catégorie du terrorisme.

Les bouchers font ainsi, de plus en plus fréquemment, l'objet de menaces et d'attaques, au point, dans certains cas, de devoir demander une protection policière.  Pour avoir moi-même dénoncé les actes de violence proférés par les anti-corrida, je fus l'objet de menaces de mort similaires à celles que je reçus de partisans de l'Etat islamique : dans un cas, les photos qui me furent envoyées pour me promettre le même sort furent celles de taureaux vaincus, dans l'autre, d'Occidentaux décapités - la corrida est pourtant un spectacle accordant au taureau sacrifié les vertus transcendantales du sacré lié à une tradition puisée dans l'héritage des siècles.